Reproduction de tableau Menu de gras et ustensiles de cuisine de Jean Siméon Chardin

Menu de gras et ustensiles de cuisine Jean Siméon Chardin
 
 
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Sujets : Nature morte
Mots-clés : bouteille, chaudron, matériel de cuisine, nature morte, pichet, repas, viande
Sujets : Nature morte
Mots-clés : bouteille, chaudron, matériel de cuisine, nature morte, pichet, repas, viande
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L'oeuvre

Menu de gras et ustensiles de cuisine

Sur une simple table de pierre, une pièce de viande suspendue, un chaudron de cuivre renversé et un pichet vernissé composent l'un des tableaux de cuisine par lesquels Jean Siméon Chardin impose une manière neuve de peindre l'humble. Réalisée en 1731, cette nature morte concentre tout ce qui fera la réputation de l'artiste : le respect de l'objet ordinaire et la puissance de la matière peinte.

Une nature morte de cuisine peinte en 1731

L'œuvre appartient aux années fondatrices de Chardin, celles où il s'affirme comme le maître incontesté de la nature morte française. Reçu à l'Académie royale de peinture en 1728 sur la foi de ses tableaux d'animaux et d'ustensiles, il abandonne alors le gibier spectaculaire pour l'attirail de la cuisine bourgeoise. Ce Menu de gras et ustensiles de cuisine s'inscrit dans une série où marmites, chaudrons et victuailles deviennent les seuls héros. Aujourd'hui conservé au Louvre, il témoigne du moment où l'artiste transforme le motif domestique en sujet pleinement digne de peinture.

Le repas gras et son attirail domestique

Le titre désigne un menu de jour gras, autorisant la viande : d'où la pièce de bœuf sanguinolente suspendue au centre, dont les rouges et les blancs tranchent sur le fond brun. Autour d'elle s'ordonne tout le nécessaire du fourneau : un chaudron de cuivre couché sur le flanc, sa longue louche posée en travers, un pichet de céramique à glaçure verte, une bouteille de verre sombre, un moulin clair, quelques œufs et un paquet ficelé. Chardin ne raconte aucune anecdote. Il aligne les objets d'un vrai repas en préparation et laisse leur simple présence évoquer la vie quotidienne, la table, la faim à venir.

Le cuivre pour support, la pâte pour sujet

Peinte à l'huile sur cuivre, l'œuvre joue d'une composition horizontale, étalée le long de la table comme une frise d'objets. La palette reste sourde, dominée par les bruns, les ocres et les gris de pierre, que viennent réveiller le vert du pichet, le rouge de la viande et l'éclat du chaudron. Chardin construit chaque volume par touches épaisses et superposées : de près, la matière se défait en empâtements ; à distance, le cuivre retrouve son poli, la céramique sa transparence. Ce travail de la pâte, où la peinture imite moins la surface qu'elle ne la recrée, constitue la signature même de l'artiste.

De Diderot à Proust, l'éloge du silence

La critique a très tôt reconnu dans ces cuisines une magie technique. Denis Diderot, découvrant Chardin au Salon, s'émerveille de le voir « poser sur la toile » la lumière et la substance des choses, et le salue comme un magicien de l'harmonie. Plus tard, Marcel Proust, dans ses pages consacrées au peintre, voit dans ces tables modestes une leçon de regard, une manière d'aimer le plus banal des ustensiles. Cette poétique du silence et de la matière irrigue toute la modernité : Cézanne et Manet retiennent de Chardin la dignité de l'objet peint pour lui-même.

Une chaleur d'atelier pour un intérieur épuré

Reproduite en grand format, cette nature morte apporte à un intérieur une chaleur feutrée et une profondeur immédiate. Ses tons de cuivre et de pierre s'accordent avec une cuisine ouverte, une salle à manger boisée ou un coin repas contemporain, où elle installe une atmosphère de raffinement discret. Encadrée sobrement, elle trouve aussi sa place dans un salon aux teintes neutres qu'elle réchauffe sans le surcharger. Elle parle aux amateurs de peinture ancienne comme aux amoureux de la belle table, et rappelle qu'un décor mural n'a pas besoin d'éclat tapageur pour retenir le regard.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant aux styles baroque et rococo.

 

Le lieu de conservation de « Menu de gras et ustensiles de cuisine » est Louvre, Paris, France.

 

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