Reproduction de tableau La Raie de Jean Siméon Chardin

La Raie Jean Siméon Chardin
 
 
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Sujets : Nature morte
Mots-clés : 18e siècle, bouteille, chat, chaudron, couteau, cuisine, huître, marron, matériel de cuisine, nature morte, pichet, poisson, raie
Sujets : Nature morte
Mots-clés : 18e siècle, bouteille, chat, chaudron, couteau, cuisine, huître, marron, matériel de cuisine, nature morte, pichet, poisson, raie
L'oeuvre

La Raie

La Raie de Jean Siméon Chardin compte parmi les natures mortes les plus saisissantes du XVIIIe siècle français : une carcasse de poisson éventrée, un chat aux aguets et quelques ustensiles de cuisine suffisent au peintre pour composer un chef-d'œuvre de matière et de silence.

Une toile de jeunesse qui ouvre les portes de l'Académie

La Raie marque le véritable point de départ de la carrière de Chardin. Peinte vers 1727, elle figure parmi les morceaux qui lui valent d'être reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1728, comme peintre « dans le talent des animaux et des fruits ». Chardin n'est pas un artiste de cour : il délaisse le portrait des grands pour la nature morte et la scène domestique, genres alors jugés mineurs. Cette toile impose d'emblée sa singularité, celle d'un peintre de la matière et du quotidien le plus humble.

La raie éventrée et le chat hérissé

Au centre, une raie suspendue par un croc offre au regard ses entrailles béantes, sa chair d'un blanc spectral striée de rouge, et cette bouche entrouverte qui dessine un étrange sourire. Rarement une carcasse animale avait été exposée avec une telle crudité : seul Rembrandt, avec son Bœuf écorché, avait osé pareil face-à-face. À gauche, un chat au dos rond, le poil hérissé, s'avance vers un tas d'huîtres ouvertes — rare présence vivante dans l'œuvre de Chardin, il introduit une tension sourde. Sur la table s'alignent un couteau dont le manche fait saillie vers le spectateur, une bouteille, un pichet de grès sombre, un chaudron de cuivre et une nappe blanche froissée. Certains ont lu dans la raie crucifiée une évocation christique.

Deux axes, la matière et le sang

Chardin construit sa composition sur deux forces opposées : la diagonale du chat et des huîtres à gauche, l'aplomb clair de la nappe et des ustensiles à droite, la raie servant de pivot. La touche épaisse et grenue pétrit la chair du poisson comme une pâte, tandis que les bruns, les gris et les ocres sourds enveloppent la scène d'une lumière d'atelier. Peinture à l'huile sur toile, le tableau joue des matières — le velouté du cuivre, la transparence du verre, l'humidité nacrée des huîtres — avec une virtuosité qui fait oublier la modestie du sujet.

De Diderot à Proust, l'éloge de la chair peinte

La Raie devient l'un des tableaux les plus commentés de Chardin. Diderot célèbre chez lui la vérité de la matière et cette « magie » du rendu. Plus tard, Marcel Proust s'émerveille devant la raie, « la beauté de son architecture délicate et vaste, teintée de sang rouge, de nerfs bleus et de muscles blancs, comme la nef d'une cathédrale polychrome ». Henri Matisse en réalise une copie au Louvre, signe de la fascination durable qu'exerce l'œuvre sur les modernes. Conservée au Louvre, à Paris, elle demeure une référence pour tous les peintres attachés à la présence physique des choses.

Une nature morte de caractère pour un intérieur habité

Reproduite en grand format, La Raie apporte à un mur une intensité rare et une profondeur presque théâtrale. Sa gamme de bruns, d'ocres et de gris chauds s'accorde aux intérieurs classiques comme aux décors contemporains qui aiment le contraste : un salon aux murs sombres, une salle à manger boisée, une cuisine d'esprit bistrot où le sujet culinaire fait mouche. Elle séduit les amateurs de peinture ancienne autant que ceux qui cherchent une image forte, loin des motifs convenus, capable de retenir le regard et de nourrir la conversation.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant aux styles baroque et rococo.

 

Le lieu de conservation de « La Raie » est Louvre, Paris, France.

 

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