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Tour Eiffel DE Robert Delaunay
Tour Eiffel
La Tour Eiffel de Robert Delaunay, signée et datée 1928 dans l'angle inférieur droit, saisit le monument dans une plongée vertigineuse où l'architecture se dissout en couleur pure. Peinte au sommet de sa maturité, elle prolonge un motif que l'artiste explore depuis près de vingt ans.
Un motif repris jusqu'à la maturité
Cette toile appartient à une longue série que Delaunay consacre à la tour dès 1909. Le monument, encore jeune et contesté à l'époque, devient pour lui l'emblème absolu de l'âge moderne, de l'énergie de Paris et du fer levé vers le ciel. Après ses premières versions fragmentées et démolies par la lumière, il revient au motif à la fin des années 1920 avec une assurance neuve. La structure n'est plus décomposée mais redressée, dressée comme une figure vivante que le peintre observe d'en haut. Ce tableau tardif condense ainsi toute une vie de recherche sur un seul sujet.
Paris vu du ciel, la tour basculée
Delaunay adopte un point de vue en plongée qui précipite le regard vers le sol. La tour, jaune et ocre, s'incline en diagonale et paraît basculer hors du cadre, ses quatre piliers écartés comme les pattes d'un géant. Autour d'elle s'organisent les jardins : les frondaisons vertes du Champ-de-Mars s'étalent en masses courbes, tandis qu'une grande forme circulaire barrée d'orange occupe l'angle supérieur gauche, écho de la roue et des attractions parisiennes. Une menue silhouette rouge se tient au pied du monument, seule présence humaine, minuscule face à l'édifice. La ville se donne ici comme spectacle aérien et vibrant.
Arcs, diagonales et couleur pure
Peinte à l'huile, l'œuvre construit l'espace par contrastes de complémentaires : l'orange s'oppose au vert, le jaune au violet, le turquoise s'enchâsse dans les losanges de la charpente. Delaunay refuse le clair-obscur et confie à la couleur seule le soin de créer la profondeur et le mouvement. Les plans se déploient en arcs et en diagonales qui font tourner la composition autour de la tour comme autour d'un axe. Cette pratique du simultanéisme, où les teintes juxtaposées engendrent la sensation de dynamisme, hérite de la libération de la couleur amorcée par le post-impressionnisme et la pousse jusqu'à l'abstraction du motif.
Apollinaire et la fortune du motif
Les tours de Delaunay trouvent très tôt un défenseur en la personne du poète Guillaume Apollinaire, proche de l'artiste, qui voit dans cette peinture de couleur pure l'une des voies neuves de l'art moderne. La série exerce une influence durable au-delà de la France : les peintres du Blaue Reiter à Munich, Franz Marc, August Macke et Paul Klee, retiennent la leçon des contrastes simultanés et diffusent le motif jusqu'à Berlin. La Tour Eiffel de Delaunay s'impose ainsi comme l'une des images fondatrices de la modernité picturale, reprise et citée bien après sa réalisation.
Une explosion chromatique pour un mur clair
En reproduction murale, cette Tour Eiffel apporte une énergie colorée immédiate à un intérieur contemporain. Ses oranges chauds et ses verts profonds réveillent un salon aux murs blancs ou gris, et s'accordent particulièrement à un mobilier sobre, design ou scandinave, qui laisse la couleur respirer. Le sujet, universellement reconnaissable, parle aux amoureux de Paris comme aux amateurs d'art du XXe siècle : il trouve sa place au-dessus d'un canapé, dans une entrée qui donne le ton, ou dans un bureau où sa dynamique diagonale insuffle du mouvement. Format vertical et couleurs franches en font une pièce forte, capable de structurer un mur à elle seule.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style post-impressionnisme.
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