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Thamar DE Alexandre Cabanel
Thamar
Peinte en 1875, Thamar montre Alexandre Cabanel au sommet de sa maîtrise, mêlant récit sacré et faste oriental dans une composition d'une intensité rare.
Une page vétérotestamentaire dans l'œuvre de Cabanel
Thamar appartient à la pleine maturité d'Alexandre Cabanel, plus de dix ans après La Naissance de Vénus qui l'avait imposé comme l'un des maîtres incontestés de la peinture du Second Empire. Fidèle aux grands genres enseignés à l'École des Beaux-Arts, Cabanel puise ici dans l'art religieux et l'Ancien Testament un sujet dramatique qu'il traite avec toute la science du dessin et de la mise en scène propre à l'académisme. Le tableau prolonge son goût pour les figures féminines dénudées, transposées cette fois dans un récit de douleur et de vengeance.
Absalon recueillant sa sœur déshonorée
La scène illustre l'épisode du deuxième Livre de Samuel où Thamar, fille du roi David, se réfugie auprès de son frère Absalon après avoir été violentée par son demi-frère Amnon. Au centre, un homme richement vêtu, drapé de blanc et d'un ample manteau rouge, lève le bras dans un geste solennel d'imprécation, jurant de venger l'affront. Sur ses genoux s'effondre une jeune femme dénudée, le visage enfoui, sa longue chevelure sombre ruisselant vers le sol. Dans la pénombre, des silhouettes assistent à la scène. Cabanel condense ainsi en une image la honte de la victime et la colère naissante du vengeur.
Le rouge, l'or et l'éclat de la chair
La composition s'organise sur une puissante diagonale, du bras tendu vers le haut jusqu'au corps abandonné qui glisse vers le bas. La palette, chaude et sourde, fait dialoguer les rouges profonds du manteau et des tentures avec l'or des étoffes brodées et l'ocre des architectures. Exécutée à l'huile sur toile, l'œuvre oppose la chair lisse et lumineuse de Thamar à la richesse tactile des draperies et des coussins. Ce contraste entre la nudité éclatante et le décor somptueux concentre le regard sur le drame intime, tout en déployant le savoir-faire décoratif du peintre.
Le décor oriental au service du récit sacré
Pilier de l'académisme et membre de l'Institut, Cabanel enseigne à toute une génération et incarne le goût officiel de son temps. Dans Thamar, il conjugue la rigueur du récit biblique avec un orientalisme décoratif alors très prisé du public des Salons, qui aimait retrouver dans ces intérieurs opulents le parfum d'un Proche-Orient rêvé. La toile est aujourd'hui conservée au Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, à Nice, où elle témoigne de la veine narrative et sensuelle qui assura la célébrité de l'artiste.
Une toile dramatique pour un intérieur de caractère
Cette reproduction s'adresse aux amateurs de peinture narrative et de grands récits, séduits par la théâtralité des scènes historiques du XIXe siècle. Ses tonalités chaudes de rouge et d'or réchauffent un salon aux teintes neutres, habillent un bureau feutré ou une bibliothèque, et créent un point focal immédiat au-dessus d'un canapé ou d'une cheminée. Elle se marie naturellement à un décor classique ou éclectique, où boiseries, cuirs et velours prolongent la richesse de la matière peinte, mais tranche aussi avec force dans un intérieur épuré qui la met en valeur comme une pièce maîtresse.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style académisme.
Le lieu de conservation de « Thamar » est Musée des Beaux-Arts Jules Chéret, Nice, France.
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