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La Licorne DE Gustave Moreau
La Licorne
Peinte en 1885, La Licorne appartient à la grande veine légendaire de Gustave Moreau, celle qui puise dans les mythes, les bestiaires médiévaux et les récits chevaleresques pour bâtir un imaginaire de pure invention.
Une rêverie médiévale au faîte de sa maturité
Cette toile prolonge la fascination de Moreau pour les tapisseries de La Dame à la licorne, alors récemment installées au musée de Cluny. À ce moment de sa carrière, l'artiste travaille en retrait des Salons, dans son atelier parisien devenu aujourd'hui le musée Gustave Moreau, où l'œuvre est conservée. Il y accumule les variations sur un même répertoire de figures féminines idéales et de créatures fabuleuses, cultivant une peinture savante, littéraire, nourrie de références anciennes qu'il réinvente librement.
La licorne, emblème de pureté et de désir
Une femme nue se tient debout, drapée d'une cape rouge et coiffée d'un chaperon écarlate, la main posée sur une gerbe de fleurs à hauteur du ventre. À ses côtés, une licorne blanche se cabre, sa corne dorée dressée, sa crinière rose ruisselant le long de l'encolure ornée de pierreries. L'animal fabuleux, dans la tradition médiévale, ne se laisse approcher que par une vierge : Moreau met en scène cette alliance de la chasteté et de la merveille, où la nudité candide et la bête légendaire composent une allégorie de l'innocence et du désir contenu.
Touches de joaillerie sur fond ténébreux
La toile joue le contraste entre la chair nacrée de la femme et les ténèbres du sous-bois qui l'enserrent. Moreau travaille à l'huile une matière tantôt fluide, tantôt grumeleuse, semée d'éclats de couleur qui évoquent l'orfèvrerie : rehauts d'or sur la corne et les bijoux, taches de vermillon dans la crinière, pierres incrustées comme des cabochons. Une trouée de ciel bleu perce à droite l'obscurité végétale, ménageant une profondeur onirique. La facture reste esquissée, presque inachevée par endroits, ce qui accentue le caractère de vision plutôt que de scène décrite.
Un jalon pour Redon et les surréalistes
Moreau s'impose comme l'un des maîtres du symbolisme, cette peinture de l'idée et du rêve que revendiquent après lui Odilon Redon et toute une génération éprise de mystère. Professeur aux Beaux-Arts, il forme Henri Matisse et Georges Rouault, leur transmettant le goût de la couleur libre. Ses féeries peuplées de sphinx, de chimères et de licornes séduiront plus tard les surréalistes, qui reconnaissent en lui un explorateur des territoires de l'inconscient et de l'imaginaire pur.
Une échappée poétique pour un intérieur raffiné
En reproduction murale, La Licorne apporte une note de merveilleux feutré qui convient aux intérieurs cultivés et introspectifs. Ses rouges profonds et ses noirs veloutés se marient à un salon aux tons chauds, à une bibliothèque ou à un bureau habillé de bois et de matières nobles. Le motif, à la fois romantique et énigmatique, trouve aussi sa place dans une chambre où l'on recherche une atmosphère de conte. Elle s'adresse aux amateurs de peinture narrative et de symbolisme, à ceux qui aiment qu'un mur raconte une légende plutôt qu'il ne se contente de décorer.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style symbolisme.
Le lieu de conservation de « La Licorne » est Musée Gustave Moreau, Paris, France.
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