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Salomé dansant dite "Salomé tatouée" DE Gustave Moreau
Salomé dansant dite "Salomé tatouée"
Peinte vers 1876, Salomé dansant, dite Salomé tatouée, appartient au grand cycle que Gustave Moreau consacre à la princesse biblique durant cette décennie décisive. L'artiste y pousse à l'extrême son goût de l'ornement et du mystère.
Salomé, obsession des années 1870
Cette œuvre s'inscrit au cœur de la période où Moreau multiplie les variations autour de Salomé, un sujet qu'il expose au Salon de 1876 et décline en peintures comme en aquarelles. Retiré dans son atelier de la Nouvelle Athènes, il délaisse la production régulière pour un travail lent et méditatif, tourné vers une peinture d'histoire réinventée. Rénovateur de la tradition, il transforme le récit sacré en rêverie somptueuse, loin de tout académisme.
La danseuse ornée devant le trône d'Hérode
Salomé se dresse nue au centre de la composition, un bras tendu, le corps entièrement couvert de motifs tatoués qui courent comme une dentelle de la gorge aux chevilles. Une coiffe orfévrée ceint sa tête, une étoffe bleue et or glisse le long de son bras. Derrière elle, le palais d'Hérode déploie ses architectures dorées, un trône massif, des idoles et une divinité entrevue dans la pénombre, tandis qu'une panthère sombre veille au ras du sol. Le capricorne et les signes du zodiaque inscrits sur sa peau chargent la Danse devant Hérode d'une dimension astrale et fatale.
L'arabesque, l'or et le corps incisé
Moreau traite la surface comme une orfèvrerie. Le trait incisé dessine sur la chair et l'architecture un lacis d'arabesques d'une minutie extrême, où l'or et les rehauts métalliques accrochent la lumière. La gamme sourde de bruns, d'ocres et de rouges profonds fait ressortir la blancheur nacrée du corps. Le fini volontairement suspendu, presque calligraphique, transforme le tableau en tapisserie précieuse plus qu'en simple scène narrative.
La Salomé qui fascina Huysmans
Les Salomés de Moreau nourrissent aussitôt l'imaginaire décadent. Dans À rebours, Joris-Karl Huysmans prête à son héros des Esseintes une fascination éperdue pour ces figures, y lisant l'incarnation de la femme fatale et du désir morbide. Cette réception installe Moreau en maître du symbolisme, admiré des poètes et bientôt revendiqué par les surréalistes, qui saluent en lui un explorateur du rêve.
Un éclat oriental pour un intérieur feutré
Reproduite en grand format, cette Salomé apporte une profondeur dorée qui réchauffe les intérieurs feutrés. Elle trouve sa place dans un salon aux teintes sombres, une bibliothèque ou un bureau habillé de bois et de velours, où sa densité ornementale invite à la contemplation. Les amateurs d'atmosphères romantiques et d'esthétique fin-de-siècle y verront une pièce maîtresse, à associer à un mobilier ancien, des cadres patinés et un éclairage tamisé qui révèle ses reflets métalliques.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style symbolisme.
Le lieu de conservation de « Salomé dansant dite "Salomé tatouée" » est Musée Gustave Moreau, Paris, France.
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