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Soleil couchant à Ivry DE Armand Guillaumin
Soleil couchant à Ivry
Peint en 1873, Soleil couchant à Ivry compte parmi les toiles les plus abouties d'Armand Guillaumin, alors qu'il partage à Paris l'atelier de ses amis Cézanne et Pissarro. Le tableau saisit un motif que peu de peintres osent alors célébrer : la banlieue industrielle de la Seine, ses usines et ses cheminées fumantes, embrasée par la lumière du soir.
Aux côtés de Cézanne et Pissarro, un peintre de la Seine industrielle
L'œuvre se situe à un moment charnière : à la veille de la première exposition impressionniste de 1874, où Guillaumin figure aux côtés de Monet, Degas et Renoir. Contraint de gagner sa vie comme employé, le peintre travaille souvent le soir et le dimanche, ce qui explique son goût pour les ciels crépusculaires et les bords de Seine des faubourgs parisiens. Ivry, avec ses berges gagnées par l'industrie, lui offre un sujet moderne que ses contemporains jugent encore ingrat. Guillaumin y trouve au contraire un formidable prétexte à la couleur.
La fumée des usines dans un ciel de feu
La scène oppose deux registres. À l'horizon, une ligne d'usines aligne ses cheminées d'où s'échappent de longs panaches de fumée grise qui strient le ciel. Au premier plan, la Seine s'étire, calme, tandis qu'un chemin de terre rose serpente entre des buissons vers la gauche, où quelques maisons basses signalent le hameau. Sur la droite, un grand peuplier sombre dresse sa masse verticale et équilibre la composition. Loin de dénoncer la ville manufacturière, Guillaumin l'intègre au paysage : les fumées deviennent nuages, l'usine se fond dans la douceur du crépuscule.
Un couchant orange travaillé en touches vibrantes
La toile est dominée par un vaste ciel orange et jaune qui occupe plus de la moitié de la surface et se reflète sur l'eau. Guillaumin y déploie une palette chaude, ponctuée des gris bleutés des fumées et du vert profond du peuplier. La touche, divisée et nerveuse, module le ciel par petites virgules colorées et fait vibrer la lumière. Ce sens éclatant de la couleur, plus intense que celui de bien des impressionnistes, annonce déjà les audaces chromatiques que revendiqueront plus tard les fauves. La peinture à l'huile sur toile conserve ici toute sa matière, généreuse et empâtée dans les zones lumineuses.
Une audace chromatique saluée jusqu'à Van Gogh
Longtemps resté dans l'ombre de ses illustres amis, Guillaumin a vu sa réputation grandir grâce à des toiles comme celle-ci, aujourd'hui conservée au musée d'Orsay. Van Gogh, qui fréquenta le peintre à Paris, admirait la force de sa couleur et l'intensité de ses ciels. Le choix d'un motif industriel assumé fait de cette œuvre un jalon dans la représentation de la modernité urbaine, là où le paysage impressionniste se limite souvent aux campagnes et aux jardins. La toile est devenue l'une des images les plus reproduites de l'artiste.
La chaleur d'un couchant pour un intérieur contemporain
Reproduite en grand format, cette toile diffuse une chaleur immédiate qui réchauffe un salon aux tons neutres ou un séjour contemporain. Son ciel orangé apporte une lumière enveloppante, idéale au-dessus d'un canapé ou d'une cheminée, tandis que la ligne d'horizon paisible invite au calme. Le dialogue entre nature et industrie séduit les amateurs de paysages moins convenus, curieux d'une image à la fois historique et graphique. Elle trouve aussi sa place dans un bureau ou un espace d'accueil, où sa palette solaire installe une ambiance à la fois raffinée et accueillante.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style impressionnisme.
Le lieu de conservation de « Soleil couchant à Ivry » est Musée d'Orsay, Paris, France.
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