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Renaud et Armide DE François Boucher
Renaud et Armide
Renaud et Armide compte parmi les toiles qui font entrer François Boucher dans la carrière officielle. Peinte en 1734, cette huile sur toile saisit l'instant où un chevalier croisé succombe aux sortilèges d'une magicienne, dans un décor de colonnades et de nuées où voltige une ronde de putti.
Le morceau de réception de Boucher en 1734
Renaud et Armide est la toile que François Boucher présente à l'Académie royale de peinture et de sculpture pour y être reçu, en 1734. De retour d'un séjour romain, le peintre a une trentaine d'années et veut s'imposer dans le genre noble de la peinture d'histoire. Il choisit un sujet littéraire prestigieux et le traite avec une grâce sensuelle qui annonce la manière destinée à faire sa gloire sous le règne de Louis XV. Conservée au Louvre, à Paris, l'œuvre marque le passage du jeune artiste au rang de peintre officiel et sa maîtrise du grand format décoratif.
Armide ensorcelle le chevalier Renaud
La scène illustre un épisode de La Jérusalem délivrée, le poème épique du Tasse. Armide, magicienne du camp sarrasin, devait tuer le croisé Renaud ; elle en tombe amoureuse et l'entraîne sur son île enchantée, où le guerrier oublie sa mission. Boucher retient le moment de l'envoûtement amoureux. Au centre, Armide à demi nue, blonde et alanguie, se tourne vers le chevalier ; Renaud, agenouillé dans sa cuirasse d'acier, la contemple avec adoration, ses armes désormais délaissées. Un putto tend un miroir, attribut de la séduction, tandis que d'autres amours sommeillent parmi les fleurs. Les colonnes brisées et la fontaine, à l'arrière-plan, situent l'action dans un jardin magique, hors du temps de la guerre.
Chairs nacrées et or dans une lumière tendre
Boucher construit sa toile sur une diagonale ascendante qui relie le chevalier agenouillé au corps renversé d'Armide. La palette privilégie les tons chauds : carnations nacrées, drapés d'or et de rose, rideau vert olive, ciel d'un bleu pâle. La touche est souple, les chairs modelées dans une lumière diffuse qui adoucit les contrastes. Les étoffes froissées, les nuées et la ronde des amours impriment à l'ensemble un mouvement ondoyant, caractéristique du rococo naissant. L'artiste soigne chaque accessoire — l'armure luisante, le miroir, la guirlande de fleurs du premier plan — avec une virtuosité de coloriste.
Un manifeste de la galanterie sous Louis XV
Cette réception consacre la réputation de Boucher et fixe une formule qui va dominer le goût français du XVIIIe siècle : le sujet héroïque converti en fête galante, la peinture d'histoire teintée d'un érotisme aimable. Le peintre devient l'un des favoris de l'aristocratie parisienne, puis le protégé de la marquise de Pompadour et le premier peintre du roi. Sa manière, admirée pour sa grâce avant d'être critiquée pour sa frivolité par les partisans du retour à l'antique, incarne aux yeux de la postérité l'esprit même d'un siècle mondain et amoureux du plaisir.
Une scène galante pour un intérieur raffiné
Reproduite en grand format, cette composition apporte une chaleur décorative immédiate à un intérieur. Ses ors, ses roses et ses carnations lumineuses réchauffent un salon aux teintes neutres et dialoguent avec un mobilier classique, un décor de style ou une ambiance romantique assumée. Au-dessus d'un canapé, d'une cheminée ou d'une console, elle installe une note d'élégance sensuelle et de raffinement à la française. Elle séduit les amateurs de peinture ancienne, les décorateurs en quête d'une pièce maîtresse et tous ceux qui aiment donner à une pièce l'atmosphère feutrée d'un cabinet du XVIIIe siècle.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style rococo.
Le lieu de conservation de « Renaud et Armide » est Louvre, Paris, France.
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