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Portrait de Mme de Senonnes DE Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de Mme de Senonnes
Peint à Rome en 1814, le Portrait de Mme de Senonnes figure parmi les grands portraits féminins que Jean-Auguste-Dominique Ingres réalise durant son long séjour italien. Éloigné de Paris, l'artiste vit alors de commandes de portraits, un genre qu'il juge alimentaire mais où il déploie une virtuosité inégalée.
Un portrait du séjour romain de 1814
L'œuvre appartient à la période romaine d'Ingres, celle où le peintre affine son idéal de la ligne pure et du modelé lisse hérité de Raphaël. Marie-Geneviève-Marguerite Marcoz, vicomtesse de Senonnes, née à Lyon en 1783, pose ici dans l'éclat de sa maturité. Ce portrait condense les préoccupations d'Ingres à ce moment : concilier la ressemblance mondaine, la richesse des étoffes et une composition d'une rigueur toute néo-classique.
La dame en velours rouge et son reflet
Une jeune femme est assise, légèrement tournée vers le spectateur, la main gauche posée sur un coussin, l'autre reposant sur ses genoux. Elle porte une somptueuse robe de velours rouge aux reflets grenat, ouverte sur une chemise blanche et rehaussée d'une écharpe de soie gris argenté. Une haute collerette de dentelle plissée cerne son cou, où pendent plusieurs chaînes d'or et une croix ornée de pierres. Ses doigts sont chargés de bagues, ses oreilles de boucles d'or, et un peigne précieux retient sa chevelure sombre. Derrière elle, un miroir renvoie le reflet de sa nuque et de son dos, tandis qu'un châle de cachemire à motifs colorés se déploie sur la droite. Une carte glissée dans le cadre du miroir porte la signature du peintre.
Le rouge, l'or et la dentelle
Ingres construit l'image sur l'accord du rouge profond du velours et de l'or des coussins, tempéré par le blanc laiteux de la dentelle et de la peau. La touche est invisible, la surface émaillée : chaque matière — velours, soie, or, cachemire — est rendue avec une précision presque tactile. La composition, resserrée sur le buste, joue de la courbe pleine des épaules et du bras, quand le miroir ouvre un second plan qui dédouble la figure. Ce dispositif du reflet, hérité de la tradition des primitifs flamands, ajoute une profondeur d'illusion à cette huile sur toile d'un raffinement extrême.
D'un accueil réservé à une gloire de Nantes
Le portrait déconcerte d'abord par sa sensualité froide et ses libertés anatomiques, ce bras allongé et ce cou étiré qu'Ingres modèle au service du rythme plutôt que de l'exactitude. La postérité y voit au contraire l'un des sommets du portrait ingresque, admiré pour son alliance de luxe et de gravité. Conservé aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts, Nantes, France, il compte parmi les fleurons de ses collections et nourrit encore la réflexion des historiens sur l'art du portrait au début du XIXe siècle.
L'éclat rouge pour un intérieur raffiné
En reproduction murale, ce portrait apporte une note chaleureuse et souveraine à un intérieur. Le rouge du velours et l'or des coussins réchauffent un salon aux tons neutres, un bureau habillé de bois sombre ou une bibliothèque feutrée. L'œuvre s'accorde aussi bien à un décor classique, où elle prolonge l'esprit des cabinets d'amateur, qu'à un intérieur contemporain qu'elle vient contraster d'un accent flamboyant. Elle séduit les amateurs de peinture ancienne, de portraits et d'élégance intemporelle, et impose une présence forte sans jamais alourdir l'espace.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style néo-classicisme.
Le lieu de conservation de « Portrait de Mme de Senonnes » est Musée des Beaux-Arts, Nantes, France.
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