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Portrait de la Princesse de Broglie DE Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de la Princesse de Broglie
Peint en 1853, le Portrait de la Princesse de Broglie est l'un des tout derniers grands portraits féminins de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Il représente Pauline Éléonore de Galard-Béarn, épouse d'Albert de Broglie et belle-sœur de la vicomtesse d'Haussonville, dont le peintre avait déjà fixé les traits quelques années plus tôt.
L'aboutissement des portraits mondains d'Ingres
Ce tableau clôt presque la série des effigies de femmes de la haute société que le maître peint sous le Second Empire. Ingres a près de soixante-treize ans lorsqu'il l'achève, et il ne consent plus qu'avec réticence à ces commandes de portraits qu'il juge éloignées de la grande peinture d'histoire. Il n'en livre pas moins ici une synthèse de tout son savoir-faire, immédiatement avant l'ultime Madame Moitessier assise. La princesse, jeune et fragile, mourra de la tuberculose à trente-cinq ans, et son mari conservera l'œuvre voilée, tant elle lui rappelait la disparue.
Une princesse dans l'intimité feutrée d'un salon
La jeune femme se tient debout, adossée à un canapé de velours bleu, le bras gauche replié sur le dossier. Elle porte une robe de satin bleu aux épaules dégagées, bordée de dentelle blanche et de rubans, tandis qu'un ruban assorti retient sa chevelure brune séparée par une raie médiane. Le regard, à la fois direct et mélancolique, exprime une réserve aristocratique. La parure raconte son rang : pendentif d'or, bracelet de corail, rangs de perles au poignet, bagues aux doigts. Sur le siège reposent un châle brodé d'or, une étole blanche et une paire de gants sombres. En haut à droite, un blason discret rappelle l'illustre lignée des Broglie.
La matière des étoffes portée à l'incandescence
Ingres concentre toute sa virtuosité sur le rendu des matières. La soie bleue capte la lumière en cassures nettes, ses plis rigides opposés à la transparence vaporeuse de la dentelle et au moelleux des broderies dorées. Le peintre travaille en glacis lisses, effaçant toute trace de touche pour obtenir une surface émaillée, presque photographique. Le fond brun de la boiserie, sobre et neutre, isole la figure et fait vibrer les bleus. Le dessin d'une précision absolue, la ligne pure des contours et le modelé porcelainé du visage inscrivent l'œuvre au sommet de l'idéal néo-classique qu'Ingres a défendu toute sa vie.
Un joyau du Metropolitan Museum
Longtemps demeurée dans la descendance de la famille de Broglie, l'œuvre a rejoint les collections du Metropolitan Museum of Art de New York, où elle figure parmi les portraits les plus admirés du XIXe siècle. La critique y a vu la démonstration ultime de ce qu'Ingres appelait la primauté du dessin, et son influence traverse tout le portrait mondain qui lui succède. Sa perfection glacée a fasciné jusqu'aux modernes : les peintres du XXe siècle y ont lu une leçon de rigueur formelle, quand d'autres ont perçu, sous l'apparat, la fragilité poignante d'un être promis à une mort précoce.
Une élégance bleutée pour un intérieur raffiné
Reproduite en grand format, cette effigie apporte une note d'élégance feutrée à un salon classique ou à un intérieur cossu où domine une palette de tons froids. Le bleu profond de la robe se marie aux gris perle, aux boiseries et aux velours, et compose une ambiance de raffinement discret. Dans un bureau ou une entrée soignée, elle affirme un goût sûr pour la peinture ancienne. Elle séduit les amateurs de portrait historique et de belle facture, ceux qui aiment les œuvres où le détail des étoffes et des bijoux se donne à contempler de près.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style néo-classicisme.
Le lieu de conservation de « Portrait de la Princesse de Broglie » est Metropolitan Museum of Art, New York, Etats-Unis.
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