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Paysage à Saint-Bernard (Ain) DE Suzanne Valadon
Paysage à Saint-Bernard (Ain)
Paysage à Saint-Bernard (Ain) appartient à la dernière décennie créatrice de Suzanne Valadon, une période où elle délaisse en partie le nu et le portrait pour se tourner vers le paysage. La toile porte la date de 1932 et prend pour motif les abords du château que l'artiste possède dans l'Ain, sur les bords de Saône. Ce domaine de Saint-Bernard devient un refuge et un atelier à ciel ouvert, où elle plante son chevalet face aux arbres, aux toits et aux tourelles du bourg.
Un motif du domaine de Saint-Bernard
Le sujet est un jardin dominé par de grands arbres dont les branches nues montent en réseau vers le haut de la toile. Derrière ce rideau végétal apparaît une bâtisse coiffée d'une tourelle à toit conique bleu-ardoise, flanquée d'un long toit de tuiles et de cheminées. Le format vertical resserre la scène et fait de l'arbre central le véritable protagoniste, tandis que la maison s'efface partiellement dans les frondaisons. Valadon retient ici la simplicité d'un coin de nature familier, sans anecdote ni figure humaine, dans l'esprit d'un paysage de plein air observé au fil des saisons.
Le vert du printemps et la charpente des troncs
La composition repose sur l'opposition entre les troncs sinueux, tracés en brun-violet appuyé, et l'explosion des feuillages tendres qui piquent la surface de touches jaune-vert et acidulées. Fidèle à sa manière, l'artiste enferme les formes dans un contour ferme et sombre qui structure le tableau à la façon d'un vitrail. La palette mêle les verts printaniers, l'ocre rosé des murs, le bleu du toit et les gris nuancés du ciel. La matière, appliquée à l'huile sur toile en larges plans juxtaposés, affirme un dessin robuste que Valadon revendique tout au long de sa carrière. Cette solidité graphique, héritée de son passage dans les ateliers de Montmartre, place l'œuvre au sein du post-impressionnisme, à distance de la simple sensation lumineuse.
Une paysagiste que Degas encourageait
Suzanne Valadon reste avant tout célébrée pour ses nus et ses portraits sans concession, mais ses paysages tardifs prolongent la reconnaissance dont elle bénéficie dès les années 1920. Modèle des grands peintres de Montmartre avant de devenir peintre elle-même, elle avait été soutenue et collectionnée par Edgar Degas, qui admirait la vigueur de son trait. Les vues de Saint-Bernard témoignent d'une artiste installée dans sa maturité, exposée dans les Salons et défendue par la critique comme l'une des rares femmes à s'être imposée par la seule force de son style. Ces toiles de campagne nourrissent aujourd'hui la relecture de son œuvre, longtemps réduite à sa légende personnelle.
Une échappée verte pour un mur clair
Reproduite en grand format, cette toile apporte une respiration végétale à un intérieur. Son entrelacs de branches et sa dominante de verts frais s'accordent à un salon lumineux, une entrée ou un bureau où l'on cherche une note de nature sans tomber dans le décoratif convenu. Le format vertical en fait un point d'accroche idéal au-dessus d'une console, d'un buffet bas ou dans une cage d'escalier qui appelle une image élancée. Les tonalités printanières se marient aux bois clairs, au lin et aux teintes naturelles d'une décoration contemporaine, tandis que le contour affirmé donne assez de caractère pour habiller un mur blanc resté nu. C'est une reproduction qui parle aux amateurs de peinture moderne comme à ceux qui veulent simplement inviter chez eux un fragment de jardin.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style post-impressionnisme.
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