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La Roue de la Fortune DE Edward Burne-Jones
La Roue de la Fortune
La Roue de la Fortune compte parmi les compositions les plus imposantes et les plus méditées d'Edward Burne-Jones, élaborée entre 1877 et 1883. Sur un format vertical monumental, l'artiste condense toute sa réflexion sur le destin humain en une image où la déesse Fortune fait tourner sa roue, indifférente aux hommes qu'elle soulève puis précipite.
Peinte au faîte de sa période allégorique
Cette toile appartient à la pleine maturité de Burne-Jones, moment où l'artiste anglais délaisse l'anecdote narrative pour la grande allégorie intemporelle. Nourri par ses voyages en Italie et par l'admiration des maîtres florentins, il cherche alors une monumentalité solennelle et une gravité proche de la fresque. La roue devient chez lui un motif obsédant, qu'il décline sur plusieurs années avant d'aboutir à cette version aujourd'hui conservée au musée d'Orsay.
Fortune impassible et les hommes enchaînés
À gauche, une figure féminine de haute taille, drapée d'une étoffe aux reflets d'argent et la tête inclinée, actionne d'une main la roue de bois massive qui occupe le centre du tableau. À droite, trois hommes nus sont liés à la jante : un athlète tendu au sommet, un captif au corps musculeux au milieu, et tout en bas un personnage couronné de lauriers, écrasé par la rotation. Ces figures incarnent l'esclave, le roi et le poète, tour à tour élevés et abaissés par le hasard. Burne-Jones résume ainsi le sens de son œuvre : « Ma Roue de la Fortune est une image véritable de notre passage dans la vie. » La déesse ne regarde personne : son indifférence même fait la loi.
Bronze, argent et nus sculpturaux
La toile est peinte à l'huile dans une gamme sourde de bruns dorés et de gris métalliques, où le bois de la roue prend des teintes de bronze poli. Le modelé des nus, ferme et sculptural, trahit l'empreinte de Michel-Ange que Burne-Jones vénère : les corps semblent taillés dans la pierre plus que peints. Le drapé de Fortune, cassé en plis lourds et lumineux, contraste avec la chair lisse des captifs. La verticalité écrasante de la composition, encadrée d'architectures à peine esquissées, impose au regard un mouvement de chute continu, du haut vers le bas.
L'œuvre chère à son auteur
Burne-Jones tenait cette composition pour l'une des plus abouties de sa carrière, et la Roue de la Fortune a durablement fixé son image d'artiste philosophe. Figure majeure du préraphaélisme tardif, il y montre comment le mouvement, né d'un retour aux primitifs, débouche sur une peinture d'idées à portée universelle. L'œuvre a marqué les symbolistes du continent, séduits par cette manière de charger un corps nu d'une signification morale, et son motif de la roue implacable continue de nourrir l'imaginaire de la fatalité.
Une verticale puissante pour un mur affirmé
Reproduite en grand format, cette œuvre habille avec force un mur de séjour contemporain, un bureau ou un espace de réception où l'on cherche une présence forte et un supplément de sens. Sa gamme de bronzes et de gris s'accorde aux intérieurs sobres, aux matières nobles comme le bois, le cuir et la pierre, et tranche joliment sur un mur clair ou un enduit à la chaux. Son orientation nettement verticale valorise les hauteurs sous plafond et structure un pan de mur étroit entre deux ouvertures. Elle parle aux amateurs d'art classique comme à ceux qui aiment les images à méditer, et confère à la pièce une élégance grave, presque architecturale.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style préraphaélisme.
Le lieu de conservation de « La Roue de la Fortune » est Musée d'Orsay, Paris, France.
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