Reproduction de tableau La partie d'échecs de Sofonisba Anguissola

La partie d'échecs Sofonisba Anguissola
 
 
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Sujets : Loisir, Scène de genre
Mots-clés : peinture, Renaissance, profil, soeur
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Mots-clés : peinture, Renaissance, profil, soeur
L'oeuvre

La partie d'échecs

Peinte en 1555, La Partie d'échecs marque le moment où Sofonisba Anguissola invente une manière neuve de portraiturer les siens. L'œuvre appartient à sa période crémonaise, avant son départ pour la cour d'Espagne, quand la jeune artiste multiplie les scènes intimes tirées de son propre cercle familial. Elle y signe sur le rebord de l'échiquier une inscription latine où elle se désigne comme fille d'Amilcare ayant peint le vrai portrait de ses trois sœurs et d'une servante.

Peinte à Crémone avant la cour d'Espagne

Cette toile condense les préoccupations qui animent Anguissola au milieu des années 1550. Fille aînée d'une famille noble de Crémone, formée à une époque où les femmes n'accèdent pas aux ateliers officiels, elle fait de son entourage domestique son terrain d'expérimentation. En représentant ses sœurs dans une activité partagée, elle transforme la contrainte — l'accès limité aux modèles masculins et aux grandes commandes — en un langage pictural original, celui de l'intimité observée de près.

Trois sœurs, une servante et un jeu de stratégie

La scène réunit quatre figures autour d'un échiquier posé sur un tapis d'Orient. À gauche, l'aînée en robe de brocart rouge et or fixe le spectateur, une main avançant une pièce ; au centre, une fillette souriante lève les yeux, complice ; à droite, la troisième sœur porte la main au visage dans un geste de vive réaction. Derrière elles, une servante âgée veille sur la partie. Le choix des échecs est audacieux pour un tableau du XVIe siècle : le jeu, encore inhabituel comme motif, signale un goût pour la pensée abstraite et l'éducation raffinée de ces jeunes filles. Loin d'une allégorie figée, la toile saisit un instant de vie où la stratégie devient prétexte à la complicité familiale.

Un portrait de groupe informel sur fond de paysage

La composition organise les quatre visages en une diagonale douce que relance le paysage lointain, avec sa rivière et ses montagnes bleutées ouverts à droite du tableau. Anguissola travaille les étoffes avec une précision remarquable : broderies d'or, dentelles des collerettes, perles des coiffures et velours sombre captent la lumière tandis que les carnations restent fraîches et naturelles. La palette conjugue les rouges chauds des manches, les gris-bleus et les noirs profonds. Chaque regard, chaque geste des mains est individualisé, ce qui donne à l'ensemble une vivacité psychologique rare pour l'époque.

Un jalon dans l'histoire du portrait de genre

Les historiens de l'art tiennent cette toile pour révolutionnaire dans la formation du portrait de groupe informel. Comme l'a souligné la spécialiste Frederika Jacobs, Anguissola y transforme le portrait officiel en une scène où les personnages sont réunis par une activité commune, brouillant la frontière entre portrait et peinture de genre. Giorgio Vasari lui-même, ayant vu les œuvres de l'artiste, loue la vie qui anime ses figures. Cette invention d'un naturel domestique annonce des développements qui traverseront la peinture européenne jusqu'aux scènes d'intérieur du siècle suivant. Aujourd'hui conservée au Musée national de Pozna?, l'œuvre demeure l'une des plus citées pour comprendre l'émergence d'une peintre femme dans la Renaissance.

Une scène intime pour un intérieur chaleureux

Reproduite en grand format, cette scène apporte à un intérieur une atmosphère de raffinement et de douceur familiale. Ses tonalités chaudes — rouge, or, brun — réchauffent un salon classique comme un espace plus contemporain, et dialoguent avec un mobilier en bois, des matières nobles ou une bibliothèque. Le sujet, une partie de jeu entre proches, en fait un choix évident pour une salle à manger, un bureau ou un coin lecture, partout où l'on veut suggérer la convivialité et la vie de l'esprit. Les amateurs d'histoire, de portraits anciens ou d'échecs y trouveront une présence à la fois narrative et élégante, qui invite à s'attarder sur chaque détail.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période de la renaissance appartenant au style renaissance italienne.

 

Le lieu de conservation de « La partie d'échecs » est Musée national de Poznan, Poznan, Pologne.

 

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