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Jeunes femmes assises DE Eugène Devéria
Jeunes femmes assises
Peinte en 1827, Jeunes femmes assises appartient à l'année décisive où Eugène Devéria s'impose sur la scène parisienne. Le jeune peintre triomphe alors au Salon avec sa vaste Naissance de Henri IV, toile d'histoire qui le place d'emblée parmi les étoiles du romantisme montant, aux côtés de Delacroix. Cette petite scène intime relève d'une veine parallèle : loin des grands sujets d'apparat, Devéria y cultive une peinture de genre raffinée, attentive aux étoffes, aux intérieurs cossus et aux atmosphères feutrées. On y lit déjà le goût du coloris chaud et de la touche libre qui caractérise sa manière à ce moment charnière de sa carrière.
Deux femmes au repos et l'intrus caché
La scène saisit un moment d'abandon dans un boudoir luxueux. Au centre, une jeune femme en robe blanche s'est assoupie dans un ample fauteuil doré, la tête inclinée, une main gantée reposant sur l'accoudoir, tenant encore ses gants. Derrière elle, à demi dissimulée par un lourd rideau rouge, une seconde femme en toilette claire s'étend, alanguie, un éventail à la main. L'ensemble respire la quiétude féminine d'un intérieur privé. Mais à droite, derrière un paravent ou un miroir, une silhouette masculine se glisse furtivement dans l'embrasure et observe les dormeuses. Ce regard indiscret introduit une tension narrative discrète, un frisson de galanterie clandestine très prisé de l'imaginaire romantique, qui transforme le repos des jeunes femmes en scène épiée.
Touche onctueuse et faste des étoffes
Devéria construit son tableau sur un contraste de rouge profond et de blancs nacrés. La robe de satin de la dormeuse capte la lumière en reflets argentés, posés par des rehauts vifs, tandis que le fauteuil et les boiseries déploient un or ornemental travaillé en empâtements chaleureux. La facture est enlevée, picturale, presque esquissée dans les détails du décor : les motifs du lambris doré et les plis du rideau sont suggérés plus que décrits. Ce traitement sensuel de la matière, cette peinture à l'huile sur toile menée en touches fondues, rapproche l'œuvre des petits formats intimes dont le romantisme fait un laboratoire de liberté chromatique et gestuelle.
Un cabinet de collectionneur au Louvre
Aujourd'hui conservée au Louvre, à Paris, cette toile témoigne de la facette galante et mondaine du premier romantisme français. Eugène Devéria, salué à vingt-deux ans comme un espoir majeur, incarne alors cette génération qui bouscule la peinture néoclassique par le primat de la couleur et de l'émotion. Si sa carrière connaît ensuite une trajectoire plus discrète, ses œuvres de jeunesse restent prisées pour leur fraîcheur et leur verve coloriste. Cette scène de genre, par son sujet léger et sa virtuosité d'exécution, prolonge la tradition du tableau de cabinet tout en l'animant de l'énergie neuve propre à la décennie 1820.
Une touche romantique pour un intérieur feutré
En reproduction murale, Jeunes femmes assises apporte une chaleur enveloppante aux pièces où l'on recherche l'intimité. Ses rouges profonds et ses ors patinés s'accordent naturellement à un salon classique, une bibliothèque ou une chambre habillée de boiseries et de velours. L'œuvre trouve aussi sa place dans un intérieur plus contemporain, où elle crée un contraste élégant contre un mur sobre, clair ou gris anthracite, et réchauffe l'ensemble d'une note picturale ancienne. Son format intimiste la destine aux espaces de repos et de lecture, un boudoir, un dressing, une tête de lit, partout où l'on veut convoquer le raffinement du XIXe siècle romantique et l'atmosphère d'un cabinet d'amateur.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style romantisme.
Le lieu de conservation de « Jeunes femmes assises » est Louvre, Paris, France.
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