Reproduction de tableau Ce qu'on appelle le vagabondage de Alfred Stevens

Ce qu'on appelle le vagabondage Alfred Stevens
 
 
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Sujets : Scène de genre
Mots-clés : fusil, hiver, neige, oiseau, vagabond
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Mots-clés : fusil, hiver, neige, oiseau, vagabond
L'oeuvre

Ce qu'on appelle le vagabondage

Ce qu'on appelle le vagabondage, peint en 1854 par Alfred Stevens, saisit sur le vif l'arrestation d'une jeune mère et de ses deux enfants dans une rue enneigée de Vincennes. C'est l'une des grandes toiles sociales du peintre belge installé à Paris, une œuvre de plein réalisme qui regarde la misère urbaine en face.

Une scène sociale peinte au mitan du siècle

La toile appartient à la veine la plus engagée d'Alfred Stevens, celle du réalisme social qui précède ses célèbres portraits de mondaines parisiennes. Formé à Bruxelles puis venu chercher la reconnaissance à Paris, l'artiste choisit ici un sujet contemporain et sans noblesse : l'application de la loi contre le vagabondage sur une femme du peuple. À vingt -cinq ans, il affirme un regard de moraliste attentif aux marges de la société, dans le sillage direct des préoccupations de Courbet et de Millet.

Une mère interpellée, une aumône offerte

Au centre, une jeune femme au fichu blanc serre son nourrisson contre elle tandis qu'un enfant en haillons se courbe à ses côtés. Trois soldats l'encadrent, fusil à l'épaule, prêts à la conduire au poste. Au premier plan, une bourgeoise vue de dos s'agenouille pour glisser une pièce dans la main de sa consœur : geste de charité qui souligne, par contraste, la froideur de l'appareil répressif. À droite, un ouvrier en manteau sombre détourne son attention, ayant renoncé à intervenir. Derrière la scène, un mur couvert d'affiches — dont une annonce de bal — oppose la fête bourgeoise au drame qui se joue. Des oiseaux noirs picorent la neige au bas de la composition, note funèbre glissée au ras du sol.

Une gamme hivernale sourde et grise

Cette huile sur toile de format horizontal déploie une palette volontairement éteinte : bruns, gris, noirs profonds des uniformes et des manteaux, posés contre le blanc sale de la neige. Stevens dispose ses figures en une frise resserrée qui court le long du mur, à la manière d'un bas-relief, et guide le regard de gauche à droite, du geste d'autorité des soldats jusqu'au refus passif de l'ouvrier. Les branches dénudées qui griffent le haut de la toile accentuent la rudeur de la saison. La lumière hivernale, diffuse et sans éclat, enveloppe la scène d'une mélancolie feutrée qui dit la détresse mieux qu'aucun pathos.

De l'Exposition universelle de 1855 au musée d'Orsay

Présentée à l'Exposition universelle de 1855, l'œuvre y attire l'attention de l'empereur Napoléon III lui-même, frappé par la dureté du sujet. Elle installe durablement la réputation de Stevens et marque l'un des sommets de sa période réaliste. Entrée dans les collections publiques françaises au premier quart du XXe siècle, la toile passe par le Jeu de paume puis le château de Compiègne avant d'être conservée depuis 1986 au musée d'Orsay, où elle figure parmi les témoignages majeurs de la peinture sociale du Second Empire.

Un tableau de caractère pour un intérieur feutré

Reproduite en tirage mural, cette scène hivernale apporte une profondeur narrative rare à un intérieur. Sa gamme sourde de gris et de bruns s'accorde aux ambiances feutrées : un salon aux teintes taupe ou anthracite, une bibliothèque, un bureau d'esprit classique où l'on aime les œuvres qui se racontent. Elle séduit les amateurs d'histoire et de peinture du XIXe siècle, autant que les intérieurs contemporains cherchant une pièce forte, sobre de couleur mais dense de sens. Accrochée seule sur un mur clair, la reproduction impose sa présence sans jamais tapageuse, invitant à s'arrêter et à lire la scène.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style réalisme.

 

Le lieu de conservation de « Ce qu'on appelle le vagabondage » est Musée d'Orsay, Paris, France.

 

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