Reproduction de tableau Roger délivrant Angélique de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Roger délivrant Angélique Jean-Auguste-Dominique Ingres
 
 
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Sujets : Histoire, Mythologie
Mots-clés : armure, attaché, dragon, femme, hippogriffe, monstre, nu féminin, peur, rocher, scène mythologique, vague
Sujets : Histoire, Mythologie
Mots-clés : armure, attaché, dragon, femme, hippogriffe, monstre, nu féminin, peur, rocher, scène mythologique, vague
L'oeuvre

Roger délivrant Angélique

Peint en 1819, Roger délivrant Angélique appartient à la maturité de Jean-Auguste-Dominique Ingres, alors installé en Italie et déjà reconnu comme l'un des grands ordonnateurs de la peinture d'histoire française. La toile prolonge sa recherche d'une ligne pure et d'un modelé lisse tout en s'ouvrant à un imaginaire chevaleresque nouveau chez lui.

Un chevalier tiré de l'Arioste plutôt que d'Homère

Ingres puise ici non dans la mythologie grecque mais dans le Roland furieux de l'Arioste. Le poème raconte comment le chevalier Roger, monté sur son hippogriffe, fond du ciel pour délivrer la princesse Angélique, offerte en pâture à un monstre marin et enchaînée nue à un rocher. Le sujet croise le mythe antique de Persée sauvant Andromède, dont il reprend la structure : la victime livrée aux flots, le sauveur venu des airs, la bête surgie de l'eau. Ingres condense la scène sur l'instant décisif, celui où la lance s'enfonce dans la gueule du dragon.

Une composition en deux forces opposées

La toile s'organise autour d'un contraste frontal. À gauche, Roger bardé d'une armure dorée aux reflets métalliques chevauche l'hippogriffe, le corps penché en avant, la lance tendue vers le bas. À droite, le corps nu d'Angélique s'élève, d'une pâleur nacrée qui tranche sur les rochers sombres et le ciel orageux. Poignets liés au-dessus de la tête, la jeune femme renverse son visage en arrière dans une torsion extrême du cou, geste d'effroi et d'abandon. En bas, l'écume blanche des vagues et la gueule hérissée du monstre ferment la scène. La palette sourde d'ors, de bruns et de gris fait ressortir la chair par pur effet de lumière. Le rendu est celui de l'huile sur toile, à la surface émaillée, sans trace de touche apparente.

Le nu d'Angélique et le goût d'Ingres pour la ligne

Angélique concentre toute l'attention de la critique. Ingres allonge et cambre le corps féminin au mépris de l'anatomie, comme il le fera plus tard pour La Grande Odalisque. Ce goût de la distorsion au service de l'arabesque n'a pas toujours été compris : certains contemporains ont raillé la toile en parlant d'une Angélique « au goitre », voire « aux trois seins », tant la courbe du cou et du buste s'écarte du naturel. Le peintre assume cette entorse pour prolonger la ligne serpentine qui traverse la figure de la cheville aux poignets.

De la moquerie à l'entrée au Louvre

D'abord discutée, l'œuvre a rejoint les collections nationales et fait aujourd'hui partie du parcours du Louvre, à Paris, où elle voisine avec les grandes machines d'histoire du XIXe siècle. Le motif a nourri l'imaginaire romantique et symboliste : la femme enchaînée, la bête et le sauveur ailé traversent tout le siècle. Ingres lui-même est revenu sur ce thème dans plusieurs variantes, signe de l'attachement qu'il portait à cette figure. La toile reste l'un des exemples les plus purs de sa capacité à plier le récit épique aux exigences de la beauté formelle.

Une reproduction dramatique pour un intérieur affirmé

Reproduite en grand format, cette scène installe une tension théâtrale immédiate. Les ors de l'armure et la chair lumineuse d'Angélique captent la lumière et dialoguent avec des murs profonds — anthracite, vert forêt, bordeaux — dans un salon au caractère classique ou un bureau feutré. Le sujet chevaleresque et mythologique convient aux amateurs de peinture d'histoire, de littérature et de romantisme, qui recherchent une pièce narrative capable de soutenir la conversation. Encadrée d'une baguette dorée ou d'un cadre sombre, la reproduction devient le point focal d'un espace de réception, entre culture savante et goût du spectacle.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style néo-classicisme.

 

Le lieu de conservation de « Roger délivrant Angélique » est Louvre, Paris, France.

 

L'artiste

Jean-Auguste-Dominique Ingres

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