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Les poissons rouges DE Henri Matisse
Les poissons rouges
Peints en 1912, Les poissons rouges concentrent tout ce qui obsède Henri Matisse à ce moment de sa carrière : la couleur libérée, la sérénité du motif domestique et la tension entre le monde clos du bocal et l'exubérance végétale qui l'entoure. L'artiste réalise plusieurs variations sur ce thème du poisson rouge autour de 1911-1912, dont celle-ci, l'une des plus abouties.
Un motif de bocal au sommet de la maturité fauve
L'œuvre appartient à la période où Matisse, revenu de ses voyages et nourri par la lumière du Maroc, cherche à traduire une émotion par la seule vibration chromatique. Le poisson rouge devient chez lui un emblème de contemplation, un point de fixation calme au cœur d'un décor foisonnant. Cette nature morte prolonge la révolution engagée dès 1905, lorsque le peintre choque le public par l'audace de ses tons non naturalistes.
Le bocal comme foyer de calme au milieu du jardin
Cinq poissons rouges tournent lentement dans un aquarium cylindrique posé sur une table ronde, cernée de feuillages épais, de larges feuilles de nénuphar et de fleurs roses et mauves. Matisse superpose deux points de vue : la surface de l'eau vue de dessus dévoile les poissons en raccourci, tandis que la paroi de verre les montre de profil. Le sujet dit la quiétude et l'invitation au repos du regard, un thème que le peintre associe volontiers à l'idée d'un art « lambris apaisant ».
Le rouge orangé contre la masse des verts
La force du tableau tient à un contraste simple et souverain : la tache orangée des poissons éclate au centre, seule note chaude au milieu d'une profusion de verts, de roses tendres et de noirs profonds. Peint à l'huile sur toile, l'ensemble joue des aplats larges, de la touche visible et d'un cerne souple qui délimite feuilles et pétales. Le cylindre de verre, traité en gris-vert translucide, agit comme une lentille qui déforme les corps et redouble les reflets, tandis que la table rose bascule vers le spectateur dans une perspective volontairement aplatie.
Une leçon retenue par l'abstraction naissante
La série des poissons rouges compte parmi les images les plus commentées de Matisse. Les critiques y lisent une méditation sur le regard et sur l'enfermement heureux, le bocal fonctionnant comme un miroir du tableau lui-même. Sa radicalité chromatique et sa construction en plans superposés annoncent les recherches spatiales de l'art moderne, et le motif nourrira l'imaginaire de nombreux peintres attentifs à la couleur pure. Conservée au musée Pouchkine de Moscou, l'œuvre a rejoint tôt les grandes collections russes qui, dès avant 1914, comprirent la portée de Matisse.
Une bulle de couleur pour éclairer un intérieur
En reproduction murale, Les poissons rouges apportent une respiration colorée immédiate. Le tableau se prête à un salon contemporain aux murs clairs, où sa touche de rouge devient un point focal naturel, comme à un intérieur bohème ou végétalisé qu'il prolonge par ses feuillages. Dans un bureau ou un espace tertiaire, il installe une atmosphère apaisée et lettrée ; dans une chambre, sa douceur florale et son mouvement lent invitent au calme. Il séduit les amateurs d'art moderne comme les amoureux de nature, et s'accorde aussi bien à un mobilier design épuré qu'à un décor chaleureux mêlant bois et plantes vertes.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style fauvisme.
Le lieu de conservation de « Les poissons rouges » est Musée Pouchkine, Moscou, Russie.
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