Reproduction de tableau La famille malheureuse de Octave Tassaert

La famille malheureuse Octave Tassaert
 
 
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L'oeuvre

La famille malheureuse

La Famille malheureuse concentre en une seule scène tout ce qui fait la singularité d'Octave Tassaert : la peinture de la pauvreté, de la maladie et du chagrin domestique, portée par une sensibilité toute romantique.

Le peintre de la misère au tournant de 1850

Cette toile appartient au registre qui fait la réputation de Tassaert au milieu du XIXe siècle : les intérieurs d'indigents saisis dans leur détresse. Après une jeunesse consacrée à la gravure et aux sujets galants, l'artiste s'oriente vers des scènes de compassion sociale où la souffrance des humbles devient le véritable sujet. La famille réunie dans un galetas prolonge une série d'œuvres qui, autour de 1849-1852, installent le peintre comme l'un des grands imagiers du malheur populaire. On y reconnaît sa manière tardive, où l'anecdote sentimentale se charge d'une gravité proche du drame religieux.

Une mansarde, une agonie, une famille effondrée

La scène se déroule sous les combles, dans une mansarde éclairée par la lucarne inclinée du toit. Une jeune femme pâle, la tête ceinte d'un linge blanc, est affaissée sur une chaise de paille, enveloppée d'un drap : son abandon et son teint livide disent la maladie ou l'agonie. Derrière elle, une femme plus âgée se penche avec tendresse et la soutient, tandis qu'un enfant se serre contre ses genoux, le visage caché dans le linge. À gauche, une silhouette debout se détourne et porte la main au visage, submergée par le chagrin. Tassaert compose ici une véritable déploration profane, où la pauvreté matérielle redouble la douleur de la séparation.

Le clair-obscur d'un galetas

Peinte à l'huile sur toile, l'œuvre repose sur un clair-obscur dense qui enfouit les figures dans la pénombre du grenier. La lumière tombe obliquement de la lucarne et vient frapper les linges blancs, les visages et les carnations, seuls points clairs dans une gamme dominée par les bruns, les ocres et les terres sourdes. La touche, fondue dans les chairs et plus nerveuse dans les drapés et la charpente, modèle les corps avec douceur. Le format vertical resserre la composition autour du groupe et accentue l'impression d'un espace exigu, misérable, refermé sur sa peine.

Le Corrège des indigents

Tassaert doit sa postérité à ces scènes de pitié qui lui valurent, de la part de la critique, le surnom de « Corrège des indigents », tant il unit la grâce des figures à la dureté des sujets. Son art de la douleur intime a séduit collectionneurs et écrivains de son temps, sensibles à cette veine humanitaire que le romantisme social développe dans le sillage de la littérature de Victor Hugo. Longtemps négligé après sa mort, le peintre a été redécouvert pour la sincérité de son émotion et la qualité de ses clairs-obscurs, qui le rattachent à la grande tradition des maîtres du Nord autant qu'au pathétique romantique français.

Une émotion sourde pour un intérieur recueilli

Reproduite en tableau mural, La Famille malheureuse apporte une présence grave et intériorisée, idéale pour un intérieur qui assume une atmosphère feutrée et une palette naturelle. Ses tons bruns et chauds s'accordent aux ambiances classiques ou patinées, aux boiseries, aux bibliothèques et aux pièces de caractère où l'on recherche une œuvre de contemplation plutôt que de décoration. Elle trouve sa place dans un salon aux teintes profondes, un bureau au style ancien ou un cabinet d'amateur d'art, et parle à ceux que touchent la peinture d'histoire, le clair-obscur et la charge émotionnelle des scènes humaines. Encadrée sobrement, sous un éclairage doux, la reproduction restitue toute la densité d'un chef-d'œuvre de sentiment.

 

Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style romantisme.

 

Le lieu de conservation de « La famille malheureuse » est Musée Bonnat, Bayonne, France.

 

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