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La dernière communion de saint Joseph C... DE Francisco de Goya
La dernière communion de saint Joseph Calasanz
Peinte en 1819, cette esquisse à l'huile précède le grand retable que Francisco de Goya destine à l'église des Écoles pies de Madrid. Elle appartient à sa période tardive, celle d'un homme de soixante-treize ans qui a traversé la guerre, la maladie et la surdité, et dont la palette s'est peu à peu enfoncée dans l'obscur.
L'esquisse d'un retable pour les piaristes
Goya conserve avec l'ordre fondé par Joseph Calasanz un lien intime : enfant, il a fréquenté les Écoles pies de Saragosse. La commande de ce tableau d'autel touche donc autant l'artiste que le croyant. Cette version réduite fixe l'idée générale, la répartition des masses et la course de la lumière avant l'exécution finale de grand format. On y saisit un Goya presque au terme de sa carrière espagnole, quelques années avant son départ pour Bordeaux, encore capable d'une ferveur brûlante que l'esquisse rend plus nue que l'œuvre achevée.
La communion du fondateur des Écoles pies
La scène représente le viatique, l'ultime communion du vieux saint agenouillé. Un prêtre en chasuble claire se penche vers Joseph Calasanz, tête chauve nimbée d'une auréole, la barbe blanche, les mains jointes dans un abandon total. Il approche l'hostie de ses lèvres tandis qu'un calice luit dans la pénombre. Tout autour, dans l'ombre épaisse, émergent les visages des fidèles : bouches ouvertes, mains croisées, regards fascinés par le mystère de l'eucharistie. Goya condense ici la piété collective et le seuil de la mort en une seule image de recueillement.
La lumière arrachée aux ténèbres
Réalisée à l'huile sur toile, l'œuvre repose sur un contraste violent entre la nuit brune qui envahit la surface et le faisceau lumineux tombant en diagonale sur les deux protagonistes. La chasuble du prêtre concentre toute la clarté, rehaussée de touches vives, rouges et ocre, posées d'une main libre et nerveuse. Le reste s'abîme dans des noirs profonds d'où les figures affleurent à peine. Cette économie chromatique, cette matière rapide et vibrante font de l'esquisse un morceau de peinture pure, où le geste précède le détail et où l'émotion prime sur le fini.
Un testament spirituel du dernier Goya
Comptée parmi les dernières grandes compositions religieuses de l'artiste, l'œuvre est admirée pour sa spiritualité âpre et son intensité dramatique. Le peintre y refuse tout apparat pour ne garder que l'essentiel : la vieillesse, la foi, la lumière. Cette liberté d'exécution annonce la modernité picturale du XIXe siècle et le regard que porteront sur Goya des peintres comme Édouard Manet. L'esquisse est aujourd'hui conservée au Musée Bonnat de Bayonne, où elle témoigne du travail préparatoire d'un maître au sommet de sa puissance expressive.
Une méditation sombre pour un intérieur recueilli
En reproduction murale, cette composition impose une présence grave et intériorisée. Sa gamme de bruns profonds traversée d'une lumière dorée convient aux intérieurs feutrés, aux bibliothèques, aux bureaux habillés de bois ou aux salons au caractère affirmé. Elle dialogue naturellement avec un mobilier classique comme avec un décor contemporain minimaliste, où son fond obscur devient un aplat de couleur presque abstrait. Les amateurs de peinture ancienne, de scènes chargées d'émotion et de clairs-obscurs y trouveront une œuvre habitée, capable d'ancrer un mur dans une atmosphère de silence et de contemplation.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style romantisme.
Le lieu de conservation de « La dernière communion de saint Joseph Calasanz » est Musée Bonnat, Bayonne, France.
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