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La Chasse au chevreuil DE Jean-Baptiste Oudry
La Chasse au chevreuil
La Chasse au chevreuil compte parmi les scènes animalières qui, dès les années 1720, installent Jean-Baptiste Oudry comme le grand peintre de la vénerie française. Réalisée en 1725, elle précède de peu la consécration officielle qui fera de lui le fournisseur attitré des chasses royales et le directeur artistique des manufactures de tapisseries.
Un jalon de 1725 dans l'art animalier d'Oudry
Le tableau se situe au moment où Oudry passe du portrait et de la nature morte au genre qui va faire sa gloire : la chasse à courre. Formé auprès de Nicolas de Largillierre, il transpose ici la virtuosité du portraitiste dans le rendu du pelage, du mouvement et de l'anatomie animale. Cette toile annonce les grandes commandes de Louis XV et les cartons de tapisserie des Chasses royales qui occuperont l'artiste durant les décennies suivantes. On y lit déjà tout ce qui fait sa signature : l'observation directe des bêtes, le sens du drame et l'ampleur du paysage.
L'instant où la meute rattrape la proie
La scène saisit le moment culminant de la chasse : un chevreuil bondissant est cerné par une meute de chiens courants. Un limier tacheté de blanc et de fauve mord l'échine de l'animal, un autre se jette à sa gorge tandis qu'un troisième, gueule ouverte, aboie face à lui. Au premier plan, un chien blanc marqué de noir s'élance à pleine course, la queue tendue. L'œil du chevreuil, écarquillé, dit la panique de l'hallali. La scène condense la tension entre l'élan et la mise à mort, sans complaisance mais avec une noblesse qui élève l'anecdote cynégétique au rang de morceau héroïque.
Un fauve chaud sous une lumière de sous-bois
Oudry construit sa composition sur une diagonale ascendante qui emporte le regard de bas en haut, du chien lancé vers le chevreuil dressé. La palette conjugue les bruns chauds du pelage et de la terre, les blancs des robes tachetées et les verts sourds de la futaie, le tout ouvert à droite sur un ciel clair et un lointain vaporeux. Le grand chêne qui structure la gauche donne l'échelle et l'ombre. Peinte à l'huile sur toile, l'œuvre témoigne d'un métier accompli : touche déliée dans les feuillages, empâtements précis sur les museaux et les yeux, glacis transparents dans les fonds. Cette élégance décorative et ce goût du mouvement enlevé inscrivent la toile au cœur de l'esthétique rococo.
La postérité du peintre des chasses royales
Le succès de telles scènes vaut à Oudry une carrière officielle exceptionnelle : agréé à l'Académie royale, il devient le peintre des véneries de la cour et le maître d'œuvre des manufactures de Beauvais puis des Gobelins. Ses chasses nourrissent des tentures qui diffusent son art dans toute l'Europe et influencent durablement la peinture animalière du XVIIIe siècle. Conservée au musée des Beaux-Arts de Rouen, la toile illustre cette veine qui a fait d'Oudry la référence du genre, admiré autant pour sa science du naturel que pour la théâtralité de ses compositions.
Une scène de vénerie pour un intérieur de caractère
Reproduite en grand format, cette chasse apporte une énergie immédiate à un mur. Sa gamme de bruns et de verts profonds se marie aux intérieurs classiques et aux ambiances de bibliothèque, de bureau lambrissé ou de salon cossu, où elle évoque l'esprit des demeures de campagne et des pavillons de chasse. Le dynamisme de la meute en fait aussi un point focal saisissant dans un décor plus contemporain, en contraste avec des lignes épurées. Elle parle aux amateurs de scènes animalières, d'art du XVIIIe siècle et de tradition cynégétique, et installe une atmosphère à la fois raffinée et vivante, idéale pour habiller une entrée, un couloir ou un espace de réception.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style rococo.
Le lieu de conservation de « La Chasse au chevreuil » est Musée des Beaux-Arts, Rouen, France.
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