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La balançoire DE Francisco de Goya
La balançoire
La balançoire compte parmi les cartons de tapisserie que Francisco de Goya conçoit à la fin des années 1770 pour la manufacture royale espagnole. Peinte en 1779, elle transpose un divertissement populaire — une jeune femme lancée sur une escarpolette — dans un vaste paysage traversé d'arbres élancés, où la fête galante se mêle à l'observation des mœurs.
Un carton pour la manufacture royale de Santa Bárbara
Goya réalise cette toile alors qu'il gravit les échelons de la cour de Madrid, employé par la manufacture royale de Santa Bárbara à produire des modèles peints destinés à être tissés puis accrochés dans les résidences des souverains. Ces années sont celles de ses scènes de plein air, peuplées de majos et de majas, de jeux champêtres et de divertissements saisonniers. La balançoire appartient pleinement à ce répertoire léger, où l'artiste apprend à composer de grandes figures en pied dans des décors ouverts, exercice qui nourrit toute la liberté de son œuvre à venir.
Le jeu de l'escarpolette comme prétexte galant
Au centre, une jeune femme en robe sombre est assise sur une balançoire suspendue par une corde à la branche d'un arbre incliné. Un homme vêtu de noir se tient sous elle, les bras levés vers la balançoire, tandis qu'un autre personnage, coiffé d'un chapeau, s'est laissé tomber à terre sur la droite dans une posture théâtrale. À gauche, au premier plan, deux femmes assises — l'une en robe rose rehaussée de rouge, l'autre portant une coiffe claire — assistent à la scène. Une étoffe rouge repose sur le sol au centre. Le motif de l'escarpolette, très prisé au XVIIIe siècle, est un prétexte à la galanterie : le balancement, les regards et les gestes tendus disent le jeu amoureux et la sociabilité champêtre des jeunes gens.
Arbres obliques et lumière argentée
La composition est bâtie sur la diagonale des troncs : deux arbres grêles s'élancent en oblique vers le haut de la toile, l'un feuillu, l'autre presque nu, encadrant le groupe et ouvrant le ciel au-dessus des personnages. Réalisée à l'huile sur toile dans un format vertical, l'œuvre déploie une gamme de verts sourds et de gris argentés, un ciel laiteux et des lointains montagneux estompés dans la brume. Sur ce fond tempéré, les touches de rose et de rouge des vêtements concentrent le regard sur le premier plan, où Goya soigne le rendu des étoffes et l'animation des gestes.
Du divertissement rococo à l'élan romantique
Ces cartons de tapisserie ont longtemps été tenus pour de simples exercices décoratifs, avant d'être reconnus comme le laboratoire d'un des plus grands peintres européens. Sous l'aimable prétexte de la fête, Goya observe déjà les corps, les attitudes et les rapports sociaux avec une acuité qui annonce ses œuvres plus sombres. Cette sensibilité aux atmosphères et aux tensions humaines fait de lui l'un des grands précurseurs de la peinture du romantisme, dont il porte l'esprit bien avant qu'il ne s'impose. La balançoire séduit ainsi par sa grâce champêtre tout en laissant deviner le regard incisif qui traversera toute son œuvre.
Une scène champêtre pour un intérieur lumineux
Reproduite en toile ou en poster, La balançoire apporte une respiration bucolique à un intérieur. Sa palette douce de verts et de gris argentés s'accorde aux ambiances claires et naturelles : un salon aux tons neutres, une chambre apaisée, une entrée que l'on veut accueillante. Son format vertical et ses grands arbres obliques créent un effet d'élan qui met en valeur les murs hauts et les espaces lumineux. La scène, à la fois vivante et sereine, parle aux amateurs de peinture ancienne comme à ceux qui cherchent une œuvre narrative et raffinée pour habiller un décor classique ou champêtre chic.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant au style romantisme.
Le lieu de conservation de « La balançoire » est Collection privée.
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