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Jacques Cathelineau (1759-1793), généra... DE Anne-Louis Girodet
Jacques Cathelineau (1759-1793), généralissime vendéen
Peint en 1816, ce portrait en pied de Jacques Cathelineau compte parmi les grandes commandes de la Restauration confiées à Anne-Louis Girodet. L'artiste y fixe la figure du premier généralissime de l'Armée catholique et royale, mort au combat en 1793, érigé en héros fondateur du soulèvement vendéen.
Une commande royaliste de 1816
L'œuvre appartient à la dernière période de Girodet, formé dans l'atelier de Jacques-Louis David puis affranchi de la rigueur néo-classique pour une manière plus sombre et plus dramatique. Au retour des Bourbons, le peintre célèbre les figures de la Vendée insurgée. Il choisit de représenter Cathelineau non en effigie posthume figée, mais en chef debout sur le champ de bataille, saisi à l'instant de l'action.
Le saint de l'Anjou en armes
Cathelineau, humble marchand devenu chef de guerre, est montré en pied, le regard tourné vers le ciel. Sur sa poitrine s'étale l'emblème du Sacré-Cœur surmonté d'une croix, signe de ralliement des insurgés, doublé de chapelets et d'une croix pendue au cou. À sa taille, une large écharpe blanche retient un pistolet et un sabre courbe, tandis que sa main gantée désigne l'horizon. Derrière lui, un drapeau blanc frappé de la croix flotte sur une hauteur et un combat s'éloigne dans la fumée. Piété et bravoure se répondent : l'homme est peint en croisé autant qu'en soldat.
Le velours pourpre sur ciel d'orage
Girodet enveloppe la figure d'une ample cape doublée de velours pourpre, qui tranche avec le gris de l'habit, le vert profond du pantalon et le blanc lumineux du gilet. Le ciel d'orage, chargé de nuées brunes, plonge la scène dans une clarté crépusculaire d'où le visage juvénile émerge, pâle et éclairé. Le dessin précis hérité du néo-classicisme se mêle à une atmosphère déjà romantique : coloris sourds, feuillages d'automne, tension dramatique du décor. Le grand format en pied confère à l'ensemble la solennité du portrait d'apparat.
Une icône de la mémoire vendéenne
Conservé au musée d'Art et d'Histoire de Cholet, au cœur du pays des Mauges, le tableau devient l'image de référence de Cathelineau. Girodet forge ici un modèle du héros vendéen que la gravure et l'imagerie du XIXe siècle reprennent abondamment. Le peintre, célèbre pour Le Sommeil d'Endymion et Les Funérailles d'Atala, y démontre son art de fondre la figure historique et l'émotion, au service d'une mémoire royaliste alors réhabilitée.
Une présence héroïque pour un intérieur de caractère
Cette reproduction habille avec force un bureau, une bibliothèque ou un salon aux teintes profondes. La cape pourpre et le ciel sombre s'accordent aux ambiances classiques, boisées ou feutrées, où le portrait impose une verticale noble. Elle parle aux amateurs d'histoire, aux passionnés de la Vendée et du patrimoine régional comme à ceux qui recherchent une œuvre à forte charge dramatique. Accrochée seule sur un mur clair, elle devient le point focal d'une pièce ; intégrée à un accrochage d'inspiration ancienne, elle apporte la profondeur du grand portrait romantique.
Cette oeuvre est une peinture de la période classique appartenant aux styles néo-classicisme et romantisme.
Le lieu de conservation de « Jacques Cathelineau (1759-1793), généralissime vendéen » est Musée d'Art et d'histoire, Cholet, France.
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