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Femme se coiffant DE Félix Vallotton
Femme se coiffant
Femme se coiffant saisit un instant ordinaire de la vie privée : une femme, assise, relève sa chevelure dans le silence feutré d'une chambre. Félix Vallotton y déploie ce regard scrutateur sur l'intimité bourgeoise qui fait la singularité de son œuvre au tournant du siècle.
Peinte en 1900, au sommet de la période nabie
Cette toile appartient à la maturité de Vallotton, alors membre du groupe des Nabis aux côtés de Bonnard et Vuillard. Surnommé « le Nabi étranger » en raison de ses origines suisses, l'artiste partage avec ses compagnons le goût des scènes d'intérieur et de la vie domestique, mais y ajoute une froideur, une netteté du contour qui n'appartiennent qu'à lui. Réalisée en 1900, l'œuvre s'inscrit dans une série de tableaux d'intimité où la chambre, le boudoir et la scène de toilette deviennent le théâtre d'observations sans complaisance. À ce moment de sa carrière, Vallotton, déjà célèbre pour ses gravures sur bois aux noirs tranchants, transpose dans la peinture cette rigueur graphique.
Un moment de toilette dans une chambre bourgeoise
La scène montre une femme vêtue d'une robe d'intérieur rose, assise de profil, les bras levés pour arranger ses cheveux sombres. Autour d'elle, tout l'appareil d'une chambre cossue : un guéridon supportant les objets de toilette, une cheminée de marbre noir surmontée d'une pendule et de flambeaux, un lit habillé de vert olive et un fauteuil sur lequel un vêtement rose vif a été jeté. Vallotton fige ce geste banal du soin de soi et transforme l'espace domestique en un huis clos silencieux, presque suspendu. La toilette féminine, motif récurrent de la peinture depuis toujours, se dépouille ici de toute idéalisation pour devenir observation du quotidien.
Aplats colorés et huile sur carton
Peinte à l'huile sur carton, l'œuvre joue d'une gamme sourde où dominent les roses saumonés du mur, les gris du sol et les verts éteints du lit. Vallotton construit l'espace par larges plages de couleur posées presque sans modelé, cerne les formes d'un contour ferme et supprime les détails superflus. La composition ménage un vaste sol gris au premier plan qui isole la figure et instaure une distance. Ce parti pris de simplification, hérité de l'estampe japonaise et de sa propre pratique de la gravure, donne à la scène sa tension particulière : une précision presque clinique unie à une palette délicate.
La froideur intimiste comme signature
La réputation de Vallotton tient largement à cette manière de traiter l'intime avec une objectivité glacée qui déconcerte. Là où Bonnard et Vuillard baignent leurs intérieurs de chaleur et de vibration, Vallotton impose une lucidité coupante, un sens de l'étrange dans le familier. Cette veine, longtemps jugée déroutante, est aujourd'hui reconnue comme l'une des plus originales du post-impressionnisme, et ses scènes de chambre annoncent certaines explorations du malaise domestique dans la peinture du XX? siècle. Les grandes rétrospectives consacrées à l'artiste ont remis en lumière cette capacité à faire du banal un motif inquiétant et fascinant.
Une élégance feutrée pour un intérieur raffiné
Reproduite en tirage mural, Femme se coiffant apporte une note d'élégance discrète et de calme à un intérieur soigné. Sa gamme de roses poudrés, de gris et de verts tendres se marie naturellement avec une décoration douce et feutrée, dans une chambre, un dressing ou un boudoir contemporain. La scène intimiste, sereine et intemporelle, convient aux amateurs de peinture figurative et aux amoureux des ambiances feutrées à la française. Accrochée au-dessus d'une commode ou près d'un miroir, cette reproduction crée un point focal raffiné qui évoque la douceur du quotidien tout en affirmant un vrai goût pour l'art moderne.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style nabis.
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