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Femme nue couchée (Gabrielle) DE Auguste Renoir
Femme nue couchée (Gabrielle)
Femme nue couchée appartient aux grands nus qui closent la carrière d'Auguste Renoir, peinte vers 1906-1907. À ce moment, le maître impressionniste vit dans le Midi, à Cagnes-sur-Mer, et fait du corps féminin le sujet central de sa dernière manière.
Le nu retrouvé dans l'œuvre tardive de Renoir
Ce tableau condense les préoccupations du Renoir des dernières années. Éloigné des scènes de bal et des portraits mondains de sa jeunesse, le peintre revient inlassablement au nu, qu'il traite désormais dans une matière plus dense et plus chaude. La lumière méridionale nourrit cette période dite nacrée, où la couleur se fait miel et rose. Le modèle est Gabrielle Renard, cousine de Madame Renoir entrée au service de la famille, présence familière qui pose pour l'artiste durant près de vingt ans et incarne son idéal de plénitude charnelle.
Gabrielle en odalisque moderne
La scène montre une jeune femme allongée sur le flanc, entièrement dénudée, la tête reposant sur son bras replié contre un coussin vert à motifs floraux. Son corps s'étire en diagonale sur un drap blanc, la jambe tendue, le regard tourné vers le spectateur avec une douceur sereine. Une petite fleur rose posée près du sein rappelle la tradition de la Vénus couchée et de l'odalisque, que Renoir relit à sa manière. Loin de toute théâtralité, il célèbre ici un abandon paisible, une nudité domestique et heureuse, sans autre récit que la beauté du corps au repos.
La chair nacrée et le rose sur vert
La force plastique du tableau tient à sa gamme chromatique : les roses lumineux de la peau répondent au vert profond du coussin, contraste favori du peintre qui fait vibrer la carnation. Renoir modèle le corps par de larges touches fondues, sans contour dur, laissant la lumière glisser sur les hanches et l'épaule. L'huile est travaillée en couches translucides qui donnent à l'épiderme cet aspect nacré, satiné, presque irisé. Le format horizontal accompagne l'étirement du corps et transforme la toile en un long registre de courbes charnues.
Un jalon de la collection Walter-Guillaume
Ces nus tardifs ont exercé une influence considérable sur la génération suivante. Pierre Bonnard, Henri Matisse et Pablo Picasso ont reconnu leur dette envers ce Renoir sculptural, dont la sensualité colorée annonce le retour au corps monumental du début du XXe siècle. Longtemps discutés puis pleinement consacrés, ces tableaux figurent parmi les sommets de sa production. Aujourd'hui conservée au musée de l'Orangerie, à Paris, au sein de la collection Jean Walter et Paul Guillaume, l'œuvre témoigne du goût de ces amateurs pour le Renoir de la maturité.
Une sensualité chaleureuse pour un intérieur raffiné
Reproduite en grand format, cette Femme nue couchée apporte une chaleur immédiate à un intérieur. Ses tons roses et verts s'accordent à une chambre feutrée ou à un salon aux teintes naturelles, où elle installe une atmosphère intime et apaisée. Le sujet classique et la facture veloutée conviennent aux décorations élégantes, des ambiances bourgeoises réchauffées de matières nobles aux espaces contemporains qui cherchent une touche sensuelle et picturale. Sa disposition horizontale en fait un choix idéal au-dessus d'une tête de lit, d'un canapé ou d'une console, pour qui veut une présence charnelle et lumineuse sans ostentation.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style impressionnisme.
Le lieu de conservation de « Femme nue couchée (Gabrielle) » est Musée de l'Orangerie, Paris, France.
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