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Femme au chapeau DE Henri Matisse
Femme au chapeau
Femme au chapeau concentre en une seule toile la révolution que Matisse déclenche à l'automne 1905. Ce portrait de sa femme Amélie, brossé dans une débauche de couleurs franches, devient le manifeste involontaire du mouvement qui allait porter le nom de fauvisme.
Peint pour le Salon d'automne de 1905
La toile marque le sommet de la période où Matisse rompt définitivement avec la représentation naturaliste. Après ses recherches néo-impressionnistes menées à Collioure aux côtés de Derain, il pousse la couleur pure jusqu'à en faire le sujet même de la peinture. Accroché à l'automne 1905 dans une salle du Salon d'automne restée célèbre, ce portrait cristallise les préoccupations de l'artiste à quarante ans : libérer la teinte de sa fonction descriptive et l'employer pour sa seule force expressive. C'est ici que Matisse assume pleinement le rôle de chef de file d'une génération.
Amélie Matisse, l'éventail et le grand chapeau
Le modèle est Amélie Matisse, l'épouse du peintre, représentée en buste et de trois quarts. Elle porte une robe sombre et tient un éventail replié dans sa main gantée, tandis qu'un chapeau démesuré, chargé de fleurs et de fruits, couronne la composition. Le visage se tourne vers le spectateur avec une gravité posée. Loin du portrait mondain traditionnel, Matisse détourne les codes de l'élégance bourgeoise : le chapeau et l'éventail, attributs de la respectabilité féminine, deviennent des prétextes à une orchestration chromatique où la ressemblance compte moins que la sensation.
La couleur arbitraire posée en touches franches
Matisse travaille à l'huile sur toile en touches larges et juxtaposées, sans souci de fondu. La palette abandonne toute vraisemblance : le visage se strie de vert le long du nez, les joues virent au rose et à l'orangé, la chevelure et le chapeau mêlent bleus profonds, violets et verts émeraude. L'arrière-plan lui-même vibre de touches roses et turquoise laissées apparentes. Cette couleur arbitraire, détachée de l'objet, structure l'espace par contrastes plutôt que par modelé. Le geste rapide, presque inachevé par endroits, laisse respirer la toile et donne à l'ensemble une intensité électrique.
Du scandale au terme de « fauves »
La toile provoque un tumulte immédiat au Salon d'automne. Le critique Louis Vauxcelles, découvrant ces peintures aux couleurs stridentes entourant une sculpture d'inspiration classique, lance la formule restée fameuse de « Donatello parmi les fauves » — baptisant sans le vouloir tout un mouvement. Huée par une partie du public, l'œuvre trouve pourtant des défenseurs décisifs : Leo et Gertrude Stein l'acquièrent, l'introduisant dans le cercle d'avant-garde qui allait faire de Matisse l'un des artistes majeurs du siècle. Ce portrait scelle ainsi le passage de la provocation à la reconnaissance et demeure une référence pour tous les peintres qui, après lui, ont libéré la couleur.
Un éclat chromatique pour un mur contemporain
Reproduite en grand format, Femme au chapeau apporte à un intérieur une énergie colorée immédiate. Sa palette de bleus, verts et roses s'accorde particulièrement à un salon contemporain aux murs clairs, où elle devient un point focal vivant sans jamais alourdir l'espace. Dans un bureau ou un séjour au mobilier sobre, elle introduit une note d'audace et de culture artistique appréciée des amateurs de modernité. Cette reproduction parle à ceux qui aiment la peinture affranchie et cherchent une présence forte, joyeuse et intemporelle pour habiller un mur.
Cette oeuvre est une peinture de la période moderne appartenant au style fauvisme.
Le lieu de conservation de « Femme au chapeau » est Musée d'Art Moderne MoMA, New York, Etats-Unis.
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