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le RAMEQUIN

Un esprit fou dans un corps sain...

Le corps, ce fol objet du désir, devient un critère de recrutement, aussi bien social que professionnel, et ne sommes-nous pas prêt à tout pour obtenir une enveloppe corporelle divine et parfaite? À voir...

 « Ils sont fous ces beaux ! » pourrait dire Obélix, s’il avait lu cette étude relayée par Le Monde. En effet, l’on y apprend que plus une personne est belle, plus elle a de chances de réussir. Dans son étude « La beauté paie. Pourquoi les gens beaux ont plus de succès », Daniel Hamermesh, professeur d'économie à l'université du Texas à Austin (Etats-Unis), déclare qu’en moyenne, un homme plus beau que la moyenne percevra dans sa carrière 160 000€ de plus qu’un homme jugé « commun ».

 

Ce constat, qui date de 2011, explique peut-être en partie notre volonté actuelle d’entretenir notre corps à tout prix. La philosophe Isabelle Quéval explique, dans cette interview, que la société actuelle, paralysée par cette volonté de posséder un corps absolument parfait, en tout cas le plus beau possible, transporte ses anciennes croyances religieuses et/ou politiques dans « un puissant investissement matérialiste dans les biens de consommation, et en particulier dans le corps comme « plus bel objet de consommation », selon l'expression de Jean Baudrillard. »

 

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Pour autant, l’étude de Daniel Hamermesh, confortée par une autre étude en Corée de Sud, déconseille l’utilisation de la chirurgie esthétique comme tremplin professionnelle. Elle n'aiderait en rien à une promotion professionnelle : le corps doit être naturel et beau, point. Et finalement, ne serait-ce pas une chose positive que de devoir entretenir son corps pour réussir ? Puisque la chirurgie esthétique ne sert pas de tremplin mais que l’activité physique oui, n’est-ce pas un mal pour un bien ? La notion de beauté, finalement, dans ces études, nous apprend surtout que notre beauté n’est pas forcément basée sur des critères drastiques, mais bien sur ce que nous faisons de notre corps. « Il nous appartient aujourd'hui de l'entretenir, le soigner, le sculpter, l'améliorer, avec la santé éternelle en guise de fins dernières de l'homme. » (Isabelle Quérial)

 

Alors, si on prenait un abonnement au club de sport le plus proche ?