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le RAMEQUIN

Dans la palette de Hopper

La Femme que peignait Edward hopper, était une femme toute de forces et de faiblesses, une femme meurtrie, silencieuse et frémissante, presque une ombre. Gustav Deutsch, le réalisateur, donne enfin la parole à cette femme multiple et pourtant toujours semblable, incarnation pure  d'une Amérique ne se comprenant pas elle-même. Dans les salles le 17 septembre. 

 

Edward Hopper, qui connaît depuis quelques années un fulgurant retour à la postérité, voit ici l’achèvement de sa gloire, en étant muse après avoir été créateur. Le peintre culte de l’Amérique de la première moitié du XXème siècle, dans des peintures épurées, d'apparence lisse et nette, montrait les problèmes d'une société en changement constant, en totale incompréhension d'elle-même. La femme est, dans ses oeuvres, fermée, solitaire et plongée dans une solitude certaine, presque maladive. Ce mal-être, il lui fallait une voix. Gustav Deutsch le lui a enfin offert en un film splendide : Shirley : Visions of reality promet de devenir un film culte. Reprenant 34 années d’une femme librement inspirée des héroïnes d'Edward Hopper, le réalisateur signe là une performance visuelle. Reprenant treize tableaux du maître américain, Deutsch nous plonge dans l'univer pictural de Hopper, en nous contant l'existance fictive de Shirley, actrice américaine évoluant au fil des années, qui se décrit elle-même "comme un corps sans passé". 

 

Une expérience riche, érotique et trouble, comme la peinture de Hopper, qui nous confronte à notre propre peur de la solitude, ou plutôt de la vacuité. À voir, à voir absolument. 

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